
Pourquoi vient-on à un groupe de prière ?
Pour prier ! C’est-à-dire pour aller à la rencontre de Dieu qui vient à nous.Prier pour quoi ? Pour grandir dans l’Amour en se mettant à l’écoute de la Parole de Dieu, à la lumière de la vie et de la Parole de Jésus. Pour demander le don parfait : le Saint-Esprit, afin de vivre la fraternité. Pour accueillir l’Amour et le vivre
Pour vivre un travail de conversion, parce qu’il y a toujours quelqu’un que je n’aime pas. Pour me mettre dans la perspective du Royaume en me faisant frère de tous, puisque Dieu est le Père de tous.
Dieu se donne, il ne nous demande rien d’autre que d’être disponibles : « Seigneur fais de moi ce qu’il te plaira, pourvu que ta volonté se fasse en moi.
Le groupe de prière est donc un lieu d’apprentissage, d’exercice et quand on demande le Saint-Esprit de cette manière-là, il faut accueillir ses dons et ses charismes… et d’abord les désirer.
Les groupes de prières sont cette école, ce « vert pâturage » où le Seigneur veut nous nourrir pour nous envoyer dans le monde, porteurs du Saint-Esprit.
Qu’est-ce qui différencie un groupe de prière du Renouveau charismatique d’un autre groupe de prière ?
Tous les groupes ont été appelés par le Seigneur à une mission. La grâce spécifique de nos groupes de prière, c’est l’écoute charismatique de la Parole de Dieu et c’est très difficile, c’est pourquoi nous sommes tentés de faire autre chose : allonger la louange ou l’intercession, faire un temps d’adoration ou prier de chapelet… tout cela pour éviter ce temps difficile, ces moments de silence où l’on a l’impression de ne plus rien faire. Le cœur de la réunion de prière c’est le moment où l’on accueille l’Esprit, dans la Parole qui nous transforme.
Qu’est-ce que l’écoute charismatique de la Parole ?
C’est l’attitude du « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». C’est se laisser atteindre par la Parole, la laisser pénétrer dans ma vie, la laisser venir en moi jusque là où elle coince.
Quand Jésus vient à moi dans sa Parole, il attend de moi une attitude de foi. C’est l’attitude de Marie par excellence : « Qu’il me soit fait selon ta Parole. » C’est « Jésus, ta Parole est Esprit et Vie, qu’elle fasse en moi ce que tu dis », même si je ne sens rien, si en sortant de la réunion, je ne me sens pas mieux qu’avant, si je ne vois pas, aujourd’hui, les fruits que ça peut porter dans ma vie.
Pour faire avancer son groupe le berger doit-il être devant, derrière, au milieu ? Quelle est sa mission dans un groupe ?
Il n’est qu’un pauvre petit pioupiou cherchant, comme tout le monde, à entrer en relation avec Dieu. « Le Bon Berger, dit Jésus, c’est moi. » Donc le berger c’est celui qui se met à la suite de Jésus. Mais il est au milieu des autres parce qu’il est d’abord, comme eux, un baptisé et qu’il doit vivre sa vie de baptisé, à ce titre, il est demandeur de l’Esprit Saint comme les autres.
Il est devant da ns le sens que c’est lui qui donne le ton, en tant que berger il doit avoir une « vision ». C’est de l’ordre de l’espérance : c’est le Royaume qui vient à notre rencontre mais qui n’est pas encore là. Souvent cette vision est donnée par le « nom de grâce ».
Qu’est ce que le nom de grâce d’un groupe ?
Vos groupes ont un nom : Nazareth – l’Agneau de Dieu – La Croix – Amour et charité… Le nom de grâce c’est cet appel particulier et cette grâce que le groupe a reçus et que le Seigneur vous demande de vivre aujourd’hui au milieu du monde.
Mon groupe s’appelait « L’eau vive », on n’a jamais fini de creuser ce que cela veut dire, mais notre mission se trouvait dans ce débordement de ce que nous avons reçu et donc nous étions interpellés sur l’évangélisation.
Il faut revenir régulièrement au nom, l’approfondir, c’est important pour la mission à laquelle le Seigneur nous appelle et nous savons que nous recevons toujours les grâces nécessaires pour la mission à laquelle nous sommes appelés.
Le berger… d’où vient-il ? Est-il appelé ? Et à quoi ?
Il y a deux façons de devenir berger : la premièrec’est de prendre la succession d’un autre berger. Ça s’est fait après un discernement, parce qu’on a senti dans le groupe que vous aviez des dispositions pour ça (ou parce qu’on ne voyait personne d’autre). La seconde c’est que vous vous êtes senti appelé intérieurement à commencer un groupe de prière : vous êtes 3 ou 4 personnes, et vous vous mettez en lien avec l’équipe diocésaine… voilà le noyau de discernement pour la création du groupe qui va grandir.
Etre appelé à être berger, c’est d’abord une responsabilité et une responsabilité devant Dieu, devant l’Eglise et devant les hommes. C’est aussi une autorité. Dans un groupe quand on ne sait plus ce qu’il faut faire, c’est vers lui qu’on se tourne. Il faut parfois que cette autorité soit directive, par exemple quand le groupe de discernement est absent et qu’on décide de choisir la Parole du jour. Elle est le plus souvent consultative, demandant l’avis du groupe de discernement, voire de tout le groupe. Le 3e style est le style participatif ; c’est ce qui se passe dans les groupes de discernement : c’est aider les autres à réfléchir et à prendre une décision ensemble.
(Il ne faut pas avoir peur du petit nombre, il ne doit pas nous faire supprimer le groupe de discernement, ce ne serait pas juste. « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, dit Jésus, je suis au milieu d’eux ». On n’est jamais dispensé de réfléchir, de discerner.)
Le berger est appelé à être serviteur. Le Seigneur nous appelle pour que nous apprenions à grandir dans la grâce. Humble serviteur, du Maître qui est Jésus et qui m’invite à me mettre à son écoute. Il est aussi un veilleur qui a souci des personnes de son groupe, qui veille à ce que chacun soit bien d’accord avec le but du groupe : mettre l’amour en premier. Qui ouvre à cet accueil de l’Esprit Saint et à la grâce qui est la nôtre.
Il est appelé enfin à être éveilleur, pour éviter que le groupe ronronne. Le groupe de prière a ses exigences : approcher du feu, accepter que le feu d’amour soit dans ma vie, dans notre vie.
Ce n’est pas en allant au groupe de prière une fois par semaine que je peux accueillir ce feu, il faut qu’il soit entretenu par la prière personnelle, c’est vrai pour chacun des membres du groupe, à plus forte raison pour le noyau de discernement et pour le berger. Et pour ces derniers, il est important de faire l’expérience d’une retraite : oser cette expérience de vie avec le Seigneur, un week-end, quatre jours, huit jours. C’est la meilleure des formations : le Seigneur vient me toucher en direct, me travaille, me façonne pour m’envoyer.
Je voudrais faire avancer les gens, les faire participer plus…
La seule personne que je peux vraiment faire participer plus, c’est moi-même. Est-ce que comme berger je dis devant tout le monde : « Dans tel domaine, je ne suis nulle part » ? Qu’est-ce que les gens vont penser ? Je ne dis pas ce qui va faire plaisir au groupe, je dis ce que je vis et si la Parole tombe sur la ma vie comme quelque chose de dur pour moi, ce n’est pas parce que je suis berger que je suis dispensé de partager cette difficulté. Il y a un effort à faire sur soi-même pour être, au milieu des autres, celui qui reçoit comme tout le monde.
C’est pour cela qu’il est important d’être conscient que le don de l’Esprit est un don d’amour et que nous sommes tous là pour grandir dans l’amour. Si je veux que le groupe s’ouvre aux charismes, je dois m’ouvrir aux charismes, les désirer, les demander.
Faire avancer le groupe c’est aussi faire une évaluation, après la réunion, avec le groupe de discernement. Comment a-ton vécu la prière ? qu’est-ce qui était juste ? C’est sentir ce qui se vit dans le groupe pour encourager les personnes : « Ce que tu as dit était juste, si tu as encore une motion de ce genre, dis-le ».
Le berger et le groupe de discernement doivent demander au Seigneur un regard de veilleur, pour découvrir le rôle de chacun dans le groupe : lancer les chants, préparer la salle, être attentif à celui qui est absent ou malade… chacun a sa place et c’est le rôle du berger que d’encourager. On n’est pas berger tout seul et si vous voulez tout faire, vous allez vous écrouler. Il est important pour chacun d’être reconnu dans son rôle.
Quand on est berger, on vit des moments d’inquiétude, de découragement… comment y faire face ?
C’est une vie de prière personnelle qui empêchera le berger de succomber au découragement. Mais malgré tout on peut trouver que c’est difficile : je voudrais tirer le groupe en avant, mais il tire dans l’autre sens. Parfois on a l’impression que rien ne va… mais interrogeons-nous. Ne bousculons pas tout, peut-être le groupe est-il en train de grandir dans l’amour alors que nous voyons seulement qu’il n’a pas de charismes.
Si des choses difficiles se vivent dans le groupe on est sans doute dans le domaine du combat spirituel. A l’intérieur de chacun et à l’intérieur du groupe, il y a des éléments favorables qui disent : « c’est important de prier ensemble, c’est important d’accueillir la Parole de Dieu, Dieu peut me remettre debout… » et d’autres qui disent : « à quoi bon ? ça ne vaut pas la peine, il fait mauvais, reste chez toi… » C’est le combat spirituel. Mais on sait que le grand vainqueur de ce combat, c’est Jésus sur la croix. Ce combat, quand je suis berger a un enjeu, peut-être y a-t-il quelque chose ne nouveau qui s’apprête à sortir. Saint Ignace nous dit « en période de désolation (ou de trouble) ne rien changer. » Alors dans ces moments, ne restez pas isolé, arrêtez-vous, parlez avec votre équipe de discernement, ou avec quelqu’un en qui vous avez confiance, un prêtre, un accompagnateur spirituel, ne restez pas à tourner en rond. Il y a un enjeu, il faut cheminer avec. Asseyez-vous, agenouillez-vous, tournez votre regard vers Jésus sur la croix et ayez l’audace de faire un pas vers un frère ou une sœur à qui demander un éclairage.
Un moyen pour les groupes de prière de ne pas tomber dans la routine, c’est l’évaluation.
Est-ce qu’on est clair entre nous ? Etre un groupe de prière du Renouveau c’est chercher à découvrir l’amour de Dieu, son amour immense et personnel, se convertir et devenir disciple par le don de l’Esprit. Dans le groupe, sommes-nous tous d’accord là-dessus ?
Si quelqu’un de l’extérieur vous demande « C’est quoi ton groupe ? » chacun dans le groupe est-il d’accord sur ce qu’il faut répondre ?
L’identité du groupe est importante, à l’intérieur de cet accord, il faut creuser le nom de grâce, il est la mission du groupe en tant que groupe et la mission de chacun. Et si on n’a pas encore de nom de grâce, il faut le demander.
Jésus dit : « Demandez et vous recevrez. » Si Dieu voit dans votre cœur cette attitude mariale : « Qu’il me soit fait selon ta Parole », il est don, il ne pourra que nous donner. Comment cela se fera-t-il ??? C’est l’œuvre de Dieu en nous, pour le monde à travers nous.
« Charismatique » ça veut dire apprendre à vivre sous une motion